qui, quoi, où?

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  (huile sur panneau de bois intitulée:" AU PRINTEMPS; Bords de la Magne. Fonds de Forêt" (20,5cm sur 26 cm) (collection privée) oeuvre dédiée et offerte par l'artiste" en témoignage de sympathie à Jules Farineau, commissaire de police 1896-1937"

         -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------EDGARD Edgard D'Hont est l'homme heureux qui va son chemin peignant de jolis coins de nature qu'il fait siens... Au point qu'au détour d'un chemin de Wallonie, pourvu qu'une eau fluide coule, on s'arrêterait en s'exclamant : "Tiens un...D'Hont!".                                                                               Extrait de "La Gazette de Liège" en 1913

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Lorsque l'éminent critique Jacques Parisse relate l'existence à Liège d'un mouvement pictural aux approches novatrices, il ne peut s'empêcher d'adopter aussitôt un ton déconfit. Ses assertions implacables mettent en effet en lumière la "mise au purgatoire", après la seconde guerre mondiale de toute une génération de paysagistes qui oeuvra entre la fin du dix-neuvième siècle et l'entame des années vingt.

Si l'esthète qualifie cette cruelle mise à l'index de "totalement imméritée", quelle serait l'ampleur de son désarroi s'il découvrait, de nos jours, le discrédit absolu dans lequel sont tombés ces peintres de talent ? Définitivement précipités dans un oubli quasi total, ils ne survivent que parmi les réminiscences de quelques amateurs désabusés.

Cet écartement planifié s'inscrit dans la logique d'une idéologie en vogue qui distille un choix exclusif à l'égard des seuls artistes contemporains. Le goût de la provocation et l'originalité novatrice règnent désormais dans nos sphères artistiques

les plus "vendeuses".

Négligés, bien des noms, jadis célébrés, sont tombés dans la disgrâce et ne trouvent plus d'amateurs prêts à acquérir leurs oeuvres à un prix honorable.

Au calme des cimetières demeurent les tombes muettes de ces paysagistes que les herbes sauvages, qu'ils aimaient tant, envahissent à jamais. Et pourtant, tous ces élèves, diplômés de l' Académie des Beaux-Arts de Liège, voulaient démontrer à la nation" Belgique" adolescente que leur Wallonie natale entendait prouver son statut de membre à part entière de l'art national.

Mis à part quelques érudits, qui se remémore encore les travaux d'un Xavier Würth ou la distinction d'un Ludovic Bauès? Le nom d'Edgard D'Hont ne fait qu'allonger une sinistre liste noire.

Tous pourtant, de leur vivant, avaient collaboré intimement dans une convivialité de type familial. Fait remarquable, ces esprits libertaires ou torturés, ces fortes têtes, se soutiendront sans faillir au long de leurs parcours individuels exempts de toute rivalité exprimée. Sans trop s'en gloser, ils formaient une "secte artistique" sans préséance où chaque individualité collaborait au resplendissement d'un terroir. Contre vents et marées, malgré leurs sensibilités, ils demeureront solidaires au coeur d'une société en totale mutation vers la modernité... Ensemble, sous les pressions d'un développement économique débridé, ils redécouvriront les vertus d'une philosophie sociale.

Certains journalistes, penseurs et politiciens les rejoindront tandis qu'au coeur des corons, un prolétariat, issu du monde agricole mais embauché dans les fabriques, énoncera ses revendications. Peintres et ouvriers s'uniront dans le rejet d'un profit sans règles ni respect à l'égard du patrimoine naturel.

Au fil de ces décennies à vif, Edgard D'Hont, plongé dans le terreau de l'identité wallonne liégeoise avant tout, tiendra un rôle aussi discret que capital.

En artiste créatif mais concret, il s'abandonnera corps et âme dans un combat menant à la reconnaissance nationale de son identité régionale.

La vie entière du paysagiste, allégée par son large confort financier qui l'autorise à vivre de son art, se dépensera en efforts solidaires à l'égard des artistes liégeois au "valeureux" tempérament de braise. Pour le natif de Chênée, vieille bourgade agricole mutée en temple de la métallurgie, tout type de création agit telle une quête commune.

Ce rassemblement capital d'amis, baptisé " LES CINQ" se composera outre le Chénéen, de François Maréchal, Jean Cambresier, Louis (Ludovic) Bauès et enfin Alphonse Mataive. Redécouvrir les oeuvres de ces artistes tient du miracle esthétique.

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( La précieuse photographie surexposée, ci -dessus à droite, nous montre Edgard D'Hont au travail, sous l'oeil bonhomme du meilleur ami de ses dernières années, le commissaire à la retraite Jules Farineau et le regard plus aigu de sa logeuse Berthe Vandaul-Michel. Le cliché date du milieu de la fin des années 1930)

 

Bien sûr, le vingtième siècle vit l'accomplissement des Kandisky, Mondrian, Picasso, Munch et tant d'autres génies...Leurs travaux étaient-ils pour autant seuls à s'avérer dignes d'exemplarité? La peinture paysagiste, d'une totale humilité, méritait-elle de se voir dénigrée sous le prétexte qu'elle se "satisfaisait" de reproduire l'exacte réalité? Peut-on affirmer sans honte que ces oeuvres bucoliques nient tout ressenti sincère, toute expression originale, toute réflexion?

Poser ces questions induit une réponse forcément négative. Aussi apparaît-il ici indispensable de présenter, au travers de ce site, à nouveau l'artiste méticuleux et sincère que fut Edgard D'Hont. Lui qui, au travers de ses peintures et de ses actes, a non seulement servi sa cause et ses envies, mais surtout celles de tous ses contemporains qui ignoraient jusqu'à l'existence, par exemple, de l'impressionisme....

Initiateur inspiré de la première exposition picturale moderne au coeur de Liège, Edgard D'Hont aura servi une cause qui surpasse la simple activité de peindre ou de commercer dans l'art.

En Camille Destrée, l'illustre théoricien au style "coup de poing",Olympe Gilbart, le politicien local et Maurice des Ombiaux, le littérateur, Edgard D'Hont trouvera des comparses prestigieux, unis dans le plus noble des combats: celui de la reconnaissance d'une nation wallonne. Cependant, viscéralement asservi à son lopin de terre, le paysagiste à l'âme principautaire, rêvera surtout d'une Wallonie forte du respect de ses esprits locaux. Cette vision privera le peintre de figurer dans la mémoire historique d'une Communauté qui préfèrera "uniformiser" son style en gommant ses disparités internes. La palette d'Edgard D'Hont a révélé bien plus de richesses que toutes celles offertes par la majesté des décors mosans. Elle en a démontré, non seulement la beauté mais aussi l'âme, le coeur et le sang.

Ce site, fruit de longues recherches, avec humilité, par respect de l'esprit du Maître de Chênée, espère prouver cette hypothèse...

La découverte débutera donc, après la présentation de quelques oeuvres au chapitre " l'exposant" ,en l'année 1861 lorsqu'une simple Liégeoise accouche de son troisième fils... Le père du nouveau-né, exalté, lui décernera le prénom d'Edgard...puis celui plus ostentatoire de...Napoléon!

La Wallonie, ce jour-là, besogneuse, à l'abri de ses nouveaux terrils et des âcres fumées de sa nouvelle industrie, ignore que ce nourrisson va, un jour, l'enrichir de ses compétences, de la minutie de son rendu, de son éclairage, bref, de son amour sincère...

Nul doute que ce bébé, les yeux à peine ouverts, a ressenti la magie des clartés et des ombres qui lui serviront de muses...

Son histoire, égrénée de printemps en hivers, se passera là, où comme l'avouait Arthur Rimbaud :"...la lumière pleut..." !

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L'huile ci-contre est intitulée : " Fleurs de pavot" . Collection privée.

Il s'agit de la seule réalisation répertoriée jusqu'à ce jour d'une oeuvre d'intérieur peinte par Edgard D'Hont. Elle résulte d'un pari amical entre le paysagiste, amateur de grand air, et l'artiste Angelina DRUMAUX, en compagnie de laquelle il exposera à plusieurs reprises au Cercle des Beaux-Arts de Liège.

 

 

Voici la réalisation d'Angelina Drumeaux, la grande spécialiste florale inégalée à ce jour...Quand le talent se partage, notre bonheur se multiplie...

Seul le titre " Fleurs de pavot" ( capture d'image lors d'une vente sur internet) perd ,dans cette affaire, son caractère d'indépendance...

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Fleurs

Cet autre tableaux d'Angelina DRUMAUX nous démontre mieux encore le talent de cette artiste maintenue de nos jours dans un "relatif" souvenir auprès d'acheteurs séduits par son talent. On remarquera la précision de son trait pictural au millimètre bien plus "acéré" que celui de son ami Edgard D'Hont dont la représentation de bouquets ( ou de "natures mortes") n'est vraiment pas la spécialité.

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La photo ci-contre d'Angelina DRUMAUX mérite sa place dans la narration d'une époque telle que la désire ce site...

A cette époque les peintres féminines demeurent bien plus rares et discrètes que leurs collègues masculins....à toute société, à toute époque ses...lâchetés qui accentuent nos regrets contemporains!