Un chaland à LIEGE

En 1887, Edgard D'Hont, de passage à la pointe de la BOVERIE fichée entre la Meuse et sa dérivation, va en quelques traits rapides immortaliser les petits hangars en planches érigés par les fondateurs du club d'aviron de l'Union Nautique de Liège. Ces esquisses, faisant partie désormais d'une collection privée demeureront "lettres mortes" et n'inciteront pas le peintre à retourner sur place afin d'y réaliser une toile en extérieur. Il est curieux de constater que malgré son attachement viscéral à sa région et ses très fréquentes visites dans la cité principautaire par le biais des secrétariats de la Fédération Artistes Liégeois et du Cercle des Beaux-Arts, sans compter ses innombrables expositions, les plus jolis sites de la ville n'ont jamais trouvé un intérêt pictural à ses yeux.En ce sens, il agit à l'opposé de l'un de ses meilleurs amis à savoir François Maréchal dont la plupart des sérigraphies auront Liège pour thème principal.

Encore insatisfait de ses capacités lorsqu'il réalise les deux épures reproduites sur cette page,Edgard D'Hont ,en ces années, semble toujours chercher la voie d'un vrai talent et demeure asservi aux aquarelles qu'il croit maîtriser mieux. Ces dessins rapides et annotés trouvent leur intérêt dans la représentation des lieux qu'ils décrivent sommairement, et qui , d'ailleurs, ont depuis subi d'importantes et nécessaires modernisations.

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Comme le paysagiste, au cours des décennies suivantes, l'Union Nautique n'en finira plus de s'affirmer. Elle permet, de nos jours, à certains d'atteindre la performance olympique et à d'autres de goûter au plaisir distractif de l'aviron.

La carte postale ci-contre est datée de l'année 1901. On  lui trouvera, à l'évidence, peu de similitudes avec les esquisses du paysagiste de Chênée. Les locaux ont déjà, entre 1887 et 1901 été largement rebâtis en dur...Ces modifications accentuent le caractère "historique" des "petis" dessins d'Edgard D'Hont.

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Il apparaîtra au visiteur liégeois avisé que le motif du tableau ci-contre se situait à Vaux-sous-Chèvremont et non dans la cité des Princes-Evêques. Concernant la vie et l'oeuvre stricte du paysagiste de Chênée, l'explication de ce tableau se trouve à l'entame de la page "De retour à Chaudfontaine".Pourquoi alors  proposer ce tableautin bucolique sur cette page dédiée à Liège ? A la lecture de notre site Monsieur et Madame Reginster-Bous nous ont fait parvenir la reproduction de cinq travaux du Chénéen. Le pont de l'île de Henne ci-contre fait partie de leur apport. Curiosité inhabituelle, cette huile a été réalisée sur....carton! Et même bizarement collée au dos de la couverture du recueil "Poesie et passe-timps" de Joseph Willem, président du Cercle du Caveau liégeois si célèbre dans la cité ardente.Voilà donc, pour nous, l'occasion de se remémorer cette association populaire qui joua un rôle essentiel dans la vie culturelle locale... Notre sympathique couple Reginster, par voie d'héritage, est, en quelque sorte, en "lien" avec le Caveau et ce, par l'intermédiaire des  filles de Guillaume Wintjens. Celui-ci cumulait les fonctions de cirier ( fabricant de cierges) et de sacristain à Chênée. Mais surtout il était le propriétaire du Théâtre de la CONCORDE, situé dans la même entité. Edgard D'Hont a dû obligatoirement fréquenter ce fameux Guillaume et vivre avec lui nombre de discussions culturelles passionnées. Guillaume Wintjens possédait tous les recueils  de Joseph Willem. Le paysagiste lui en a sans doute emprunté un exemplaire....qu'il ne trouva pas mieux d'utiliser d'une manière pour le moins originale et sans nul doute très déplacée! Péché de jeunesse sans doute....Le "Caveau liégeois" qui deviendra le "Royal Caveau liégeois"a été fondé le 15 mars 1872 par un typographe nommé Toussaint Brahy. Ce baptême se déroula au café du Faisan, chaussée de Vivegnis. Le curieux titre de "caveau" trouve son origine à Paris où quelques caves à vin devinrent des cabarets littéraires et gourmands. "Oufti...", cette innovation avait de quoi séduire l'esprit festif liégeois...Le rôle culturel du Royal Caveau est incontestable...quant à son rôle "gourmand" n'oublions pas que ce cercle est à l'origine de la replantation de vignes sur les coteaux locaux. Parmi ses artistes reconnus citons VRINDTS, le poète,DEMOULIN, le révolté notoire,Dieudonné SALME,le romancier et enfin "notre "préféré, compte tenu du point de vue particulier de ce site, le sieur Joseph WILLEM, qui donna  ses premières règles au wallon écrit et offrit involontairement un support concret à un paysagiste débutant. Petite compensation à ce sacrilège, le meilleur portrait contemporain dudit Joseph Willem ( qui possède encore une rue et un square à son nom) fut réalisé par ALPHONSE MATAIVE, membre d'honneur du Caveau mais aussi membre de l'innovateur "GROUPE des CINQ que menait ....Edgard D'HONT !!! ( renseignements extraits d'un article du journal Le Soir mis en ligne le 15/9/1997 à l'occasion des 125 ans du Caveau)