Encore plus....

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Le portrait d'Adèle VAN Neck, épouse d'Edgard D'Hont, ci-dessus est l'oeuvre de son ami Ludovic Bauès lors d'un séjour à la maison Crève-coeur de Méry. La toile date de 1892 et représente donc une femme âgée de 30 ans dans l'éclatante vitalité de sa jeunesse. Il se dégage pourtant de l'oeuvre beaucoup de réserve, de retenue....Certains y reconnaitront une indicible tristesse. Adèle, dans la rigueur de son habillement austère n'esquisse même pas un sourire qui "inviterait" à l'aborder et pourtant il semble "suinter" discrètement au travers de son regard la vague impression du plaisir d' "être là"...

 

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Victorine Elisabeth Adèle Van Neck est née au domicile de ses parents le premier juillet 1862 dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. Cadette de quelques mois de son mari, elle préfèrera se présenter à lui sous son troisième prénom en lieu et place de celui de ses géniteurs. Son père Corneille tient une "corderie" à l'entrée de la future Chaussée de Gand, à deux pas de la Porte de Flandre. Il fait fortune en "fournissant" tous les bateliers parcourant la Senne toujours découverte à l'époque. Adèle est l'antépénultième enfant d'une famille qui compte quatre filles et sept garçons.

Elle poursuivra sa scolarité dans une école huppée réservée surtout aux enfants d'ambassadeurs étrangers aux riches bourgeois et aux membres de la noblesse : le pensionnat du couvent des Ursulines à Wavre Sainte Marie, petit bourg voisin de Malines.

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Administrée par des soeurs, l'ambiance de cet établissement d'excellence scolaire , rigoureuse et d'une sévérité absolue, marquera sans doute profondément la jeune Adèle qui restera à jamais sous l'emprise de la nostalgie et de la morosité que son isolement lui a apportées. L'école lui imprimera aussi une foi catholique ,certes sincère, mais mortifère et peu encline aux débordements des simples joies humaines.

Toutes les photos qui nous sont parvenues d'Adèle, nous montrent une être éteint, porteur de signes ostentatoires religieux, la bouche close, les lèvres rigides et les yeux emplis d'une intensité grave et sèche. Même des clichés plus tardifs, pris à l'époque pourtant heureuse de son mariage présenteront la physionomie d'une femme fermée, peu encline sans doute aux plaisirs terre-à-terre assimilés au péché.

Edgard et elle se marient à Anvers le 12 juillet 1890. Le couple demeurera sans enfant. Cette situation a sans doute plongé Adèle dans le désespoir et l'a poussée à fréquenter le plus souvent possible les enfants de ses frères et soeurs.

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Coincée dans sa magnifique villa située rue des Courtaux à Chênée, elle gèrera parfaitement son ménage et patientera souvent dans l'attente de son mari parti peindre par monts et par vaux en journée...Quant aux soirées, Edgard D'Hont semble les dépenser au sein des associations dont il gère le secrétariat....Dès avant la première guerre mondiale, la mélancolie profonde d'Adèle se mute en une  dépression morbide .La version "officielle" la déclare à bout de forces lorsqu'elle décède en 1919.Seuls les proches tenteront de comprendre au secret de leurs conversations intimes les raisons de son suicide. La triste Adèle repose auprès de son mari au vieux cimetière de Chênée.

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Le tableau ci-contre a été vendu en l'hôtel des Ventes Elysées de Liège en mars 2018 . Il mesure 19 cm sur 29.  Sans doute encadré de neuf il y a quelques années, on ne distingue aucune des annotations habituelles d'Edgard D'Hont à son verso. Il s'avère donc impossible d'en déterminer la localisation exacte. Le thème choisi , récurrent dans l'oeuvre du peintre, nous propose un chemin de crête qui plonge vers une vallée profonde tandis qu'un ciel incertain hésite à choisir son destin.

Cette paisible huile, sereine et apaisante, dans le plus pur style d'Edgard D'Hont ,a été baptisée par son auteur : " MARE EN AUTOMNE". A la découverte des titres donnés à ses oeuvres par le Chénéen il s'avère que ce dernier se contentait d'un baptême nominatif figé à l'aune de la simple réalité....Une mare est une mare...rien de plus mais tellement mieux qu'un simple coup d'oeil blasé...Cette peinture de grande taille pour notre artiste mesure 60 cm sur 49. Chacun remarquera que, pour de sombres questions de "pixels" et de mauvaise humeur informatique, nous avons été forcés de réduire cette vue. De rectangulaire la voilà devenue carrée...Force donc à chacun d'imaginer les quelques centimètre perdus. Un merci tout spécial à Madame Halleux qui nous a proposé cette splendide réalisation....en entier !!!!

Le tableau ci-contre a également été proposé en salle des ventes. Il représente une des plus larges vallées de nos Ardennes.

Aucune indication au verso ne nous mène vers un quelconque village. Peut-être l'un des "visiteurs" de ce site se montrera-t-il plus perspicace et nous aidera à déterminer le choix du peintre...( la rivière serait selon nos hypothèses l'Ourthe dans la région de Sy)

V ely

L'aquarelle ci-contre est datée de 1916. La sérénité du motif représenté permet d'oublier les événements atroces que vit notre pays en ces jours de guerre mondiale. Remarquons la présence de deux humains en exergue, fait vraiment inhabituel dans l'oeuvre de l'artiste. En l'absence de toute indication,la localisation du site représenté est hasardeuse.. il est tant de lieux propices à une détente en bordure d'une onde chatoyante et vive....

Vite

Le tableau ci-dessus a été proposé via un site de vente sur internet. Indubitablement signé par l'artiste de Chênée, il représente un village typique de nos régions wallonnes. Sans indication, ce dernier n'a pu être identifié. Quelques prés verdissants et un clocher, s'ils signent tout un univers, n'apportent qu'une vérité générale....Cette vérité pourtant est tellement nôtre. C'est elle qu'a su si bien "capturer" Edgard D'Hont.

L'huile ci-contre, un fois de plus proposée par Madame Halleux, nous présente une toile "typée" du maître de Chênée. La nature y présente toute sa beauté sous une luminescence parfaitement rendue où le soleil n'a pas osé se montrer, où les ombres s'étalent avec paresse ...Ce ciel et cette coloration de l'air nous annoncent la pluie à moins qu'il ne s'agisse d'un grésil glacial voire même de quelques flocons qui s'en iront rejoindre le tapis blanc étendu entre les arbres... L'oeuvre fait 40cm sur 30 et a été baptisée par D'Hont : "EN AVRIL"....Voilà un printemps alourdi de nuages, voici un calme qui nous rappelle la beauté du monde...voici une époque d'hivers longs et rigoureux....voilà nos Ardennes immortelles.