Un chaland de CHAUDFONTAINE

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Lorsque Edgard D'Hont, au coeur de Chaudfontaine, dessine au fusain et pastel la maison SAUVEUR (collection privée), le décor qui l'entoure a revêtu sa sauvagerie et son indiscipline naturelles. Il n'a donc plus rien à voir avec le parc souvent désert qui cerne désormais le célèbre bâtiment restauré, il y a peu, en un style Renaissance mosane. D'ailleurs le ruisseau "Le Gadot" qui donne son titre au dessin est aujourd'hui remplacé par une bande gazonnée .

La maison, construite en moellons calcaire, semble toujours fière aujourd'hui d'avoir préservé ses pignons percés chacun d'une porte à imposte . Par-delà la séduction des lieux, le paysagiste a-t-il mesuré ce jour-là, l'accumulation de légendes qui s'y rattachent? En vérité, les coteaux jouxtant la maison appartenaient en

1676 à un certain Rémy le Godet qui s'en désintéressait sans doute puisqu'à cette date, il accepta de les louer à son beau-frère, Simon SAUVEUR, solide paysan né à Liège en 1631. Dans sa volonté d'aménager de nouvelles cultures, Simon Sauveur s'astreignit à effectuer divers terrassements sur son bien locatif longé par la Vesdre. Au cours de ces travaux, par hasard, sa pioche découvrit une source débitant une eau pure et chaude. Avec beaucoup d'à-propos, notre paysan roublard prit grand cas de sa découverte et construisit une vulgaire hutte d'argile dans laquelle il aménagea de rudimentaires petits bains destinés aux soins des malades des environs. Suite à son succès Simon Sauveur, sans le sou ne put répondre aux exigences sanitaires des autorités de l'époque et s'en retrouva expulsé des lieux.

La fameuse maison SAUVEUR, bien mal nommée puisque le paysan dont elle porte le nom ne la connut jamais, fut construite par Laurent de CHESSION, riche négociant de Beaufays, propriétaire de la brasserie du "Dragon d'or".. La jolie fable qui s'érige autour des bains organisés dans le bâtiment par le découvreur des sources ne repose donc que sur du sable. La maison Sauveur par ailleurs n'utilisa jamais que de l'eau fraîche afin d'alimenter ses bains, l'eau du Gadot, alors qu'à quelques encablures; de vrais bains chauds gavés d'eau thermale furent aménagés.

Comme si  l'élucubration des "eaux chaudes" ne suffisait pas, la mémoire collective attribue à la maison un ultime mensonge auquel participe, à son corps défendant,Victor HUGO. Si l'écrivain séjourna avec certitude à Chaudfontaine durant le mois de septembre 18676, il ne logea pas au premier étage de la maison Sauveur comme l'assurent nombre de Calidifontains. Las, le petit biez d'usine qui flattait la maison a tristement disparu, remblayé à jamais. Et pourtant, il suffit de nous replonger dans la quiétude du dessin du paysagiste pour retrouver le chant, la douceur et la beauté de cette eau vive...qui coulera à jamais grâce à lui dans notre souvenir...

Le Gadot coule ainsi en nos coeurs et même s'il n'aura jamais la célébrité des eaux des sources des "Belles Fontaines", il continuera à nous réchauffer l'âme et à nous murmurer le prénom de Simon Sauveur, ce rustre paysan qui l'a peut-être fait naître d'un coup de bêche en y mêlant à jamais quelques gouttes de son humble sueur...

La maison Sauveur fait, de nos jours, face au célèbre casino de Chaudfontaine.La photo ci-contre nous présente son aspect actuel à quelques mètres du point de vue exact pris par le peintre de Chênée.

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L'huile ci-dessus baptisée par Edgard D'Hont :" Tournant de la Vesdre à Chaudfontaine", issue d'une collection privée ,date de l'année 1928. Elle mesure 62cm sur 43cm. Il s'agit donc d'une oeuvre de grande dimension moins fréquente et moins caractéristique du travail du peintre. Sa localisation est aisée, il suffit d'imaginer aujourd'hui sur la rive gauche la nouvelle piscine communale. Ce tableau figure dans le remarquable " Dictionnaire des Peintres de l'Ecole Liégeoise du Paysage" rédigé par Jacques GOIJEN.

La photo actuelle a été prise quelques mètres plus avant que la position initiale du paysagiste. En effet son point de prédilection abrite aujourd'hui un restaurant avec vue sur Vesdre...

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( l'huile sur panneau de bois ci-dessus est intitulée: " TOURNANT DE LA VESDRE A CHAUDFONTAINE". Elle mesure 31cm sur 23cm) (collection privée)

Le tableau ci-dessus a été réalisé exactement au même endroit que le précédent ,découvert plus haut, mais sur l'autre rive !

De nos jours, l'espace herbeux situé à la gauche de l'oeuvre est occupé par la piscine communale. Celle-ci, à l'architecture fonctionnelle, a ,malgré son succès et sa nécessité, porté ombrage à l'aspect bucolique que revêtaient les lieux qui avaient impressionné le paysagiste.

Les amateurs de promenade peuvent encore néanmoins emprunter un agréable sentier, parfois pentu, qui démarre près du pont, à l'extrême droite du paysage ci-dessus. Ils longeront et surplomberont la Vesdre pour finalement déboucher à hauteur de l'ancienne gare communale.

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L'aquarelle ci-dessus, issue d'une collection privée, a été nommée par le peintre "AU BORD DE LA VESDRE". Elle nous présente un ravissant bâtiment, du côté du lieu-dit BASSE-HENNE, qui n'a jusqu'à aujourd'hui, en aucun cas, subi les affres et les transformations d'une inévitable modernité en marche.

A la droite de la photo actuelle vous est présenté un dessin de Jos Bougnet qui a lui aussi choisi de représenter cette demeure remarquable. Ce dessin a été mis en vente en août 2017 en la salle des Ventes Elysée.

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  (aquarelle sur carton intitulée : " Le moulin de la Vesdre à Chaudfontaine") (collection privée)

C'est par le biais des couleurs attendries d'une aquarelle qu'Edgard D'Hont décide de représenter une des anciennes manufactures d'armes de guerre située sur le territoire de la commune de Chaudfontaine, en bord de Vesdre.

Sous l'Ancien Régime, les marchands d'armes liégeois, profitant de l'extrême compétence de leur main-d'oeuvre plus artisanale qu'ouvrière, vont inonder l'Europe entière de leur production affreusement efficace. L'usine Malherbe, reproduite au centre de l'oeuvre, servie par l'énergie de son moulin à eau, abritait un " maka", sorte de marteau géant à bascule, qui servait à battre les loupes de fer afin de conférer une forme adéquate aux futurs fusils.

 

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Une entreprise de cette envergure suscitait par ses activités l'établissement d'une micro-agglomération comptant d'autres manufactures de transformation en aval de l'activité principale mais aussi des lieux de vie commune. A ce titre les deux cartes-vues nous montrent à la gauche du bâtiment principal ce qui à l'époque était déjà l"ancienne salle de jeux" alors transformée en habitations. A droite s'érigeait l'ancienne manufacture de canons de fusils qui portait le titre honorifique de "fabrique impériale". Lorsque le paysagiste chénéen choisit de reproduire ces lieux, l'entreprise en perdition, à l'initiative de son nouveau propriétaire Georges Danbois, ne fabrique déjà plus que des... pelles!

Après une ultime faillite, ce quartier historique, ses manufactures, ses habitations et ses nombreux bistrots sera malheureusement arasé en 1950 et proposé à d'autres acquéreurs liés par d'autres projets.

Edgard D'Hont trouve ici le talent de modifier ces lieux aux activités guerrières en un univers empli de mélancolie et d'une brume de tristesse...

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Le tableau ci-contre a été réalisé en "1929" .L'artiste, selon son habitude, en cerne les circonstances , à la main, à l'envers de son oeuvre. Il le situe à Chaudfontaine et le présente comme :" la maison de la couturière.".... Il ne nous a pas été possible de localiser cette demeure ni de savoir si elle existe encore... La couturière se pare donc aussi de mystère...Tout renseignement serait le bienvenu via notre page de communication.Nos nous trouvons devant une oeuvre au thème très classique si cher à Edgard D'Hont ...à savoir une délicieuse vieille chaumière enserrée dans  l'écrin d'une nature paisible. La toile  mesure 25 cm /25.   (  Le propriétaire de ce tableau le propose à la vente pour la somme de 125 euro. Pour le joindre il faut composer le 0474 583160.)

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Cette spectaculaire huile sur panneau de bois, de 44cm sur 34cm (collection privée) est annotée par l'auteur d'un laconique "Chaudfontaine" peu explicite. Elle a été plus que probablement exécutée dans la seconde moitié des années 1930 puisqu'elle fut présentée au public lors de l'ultime exposition du paysagiste dans les salles du Cercle des Beaux-Arts de Liège". On y distingue trois maisons en enfilade, fichées au sommet d'un versant de la Vesdre. Il a été pour nous ardu de déterminer le lieu exact où devaient se situer ces logis. Heureusement grâce à l'intervention de Madame et Monsieur Marichal le mystère semble résolu. Il s'agirait du lieu-dit "LE CROUPET", situé au-dessus de "la maison sans mortier". Ce quartier (qui se trouvait en face de la "Tour Malakoff", entrée du château Grisard de la Rochette, sur la route de Romsée) a été exproprié en vue d'une hypothétique construction de bretelle autoroutière...Le chemin qui passait devant ce groupe de maisons conduisait au Haras.

(ndlr: Toute confirmation serait bienvenue. D'avance merci.)

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L'huile ci-dessus porte le titre de "Printemps à Chaudfontaine". Datée de 1930 par son auteur, elle mesure 40cm sur 30cm. L'image ci-dessus, avec l'autorisation du propriétaire du tableau, a été capturée à même l'écran d'internet. L'huile a été mise en vente sans succès en décembre 2015.

(ndlr: ici encore la localisation exacte n'a pu être déterminée. Les environs de Vaux semblent les plus probables. Toute information sera bien sûr la bienvenue.)

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L'huile d'Edgard D'Hont ci dessus, de qualité artistique assez ténue, a été mise en vente avec succès en la Salle des Ventes-Elysée à Liège.

Malgré la piètre qualité de cette reproduction capturée à même l'écran d'internet, il s'est avéré aisé de retrouver cette maisonnette en bord de Vesdre dans les environs immédiats du Château de La Rochette. Seul problème: un jardin privatif interdisait tout déplacement supplémentaire vers la gauche. On constatera néanmoins que malgré quelques réaménagements, l'âme et la structure du bâtiment n'ont pas changé.

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S'il est un coin de l'actuel Chaudfontaine qu'appréciait tout particulièrement Edgard D'Hont, nul doute qu'il se situe à Vaux-sous-Chèvremont. Ce petit coin merveilleux portait alors le nom de :"l'île de Henne". La photo ci-dessus , peut-être "prise" par Edgard D'Hont, nous montre, tournée vers le petit pont qui surplombe un bras de la Vesdre, la toute jeune mariée Adèle D'Hont à qui son époux fait découvrir les merveilles de son nouvel environnement. La jeune femme porte large chapeau et robe à volants...Grâce à ce cliché, tout un pan du passé nous remonte au coeur...Nous ne pouvions cacher une si  tendre image d'amour tant pour un être que pour une nature sublime.

A l'aide du petit croquis au fusain de droite , le paysagiste nous propose le petit portique de "régulation "du débit des eaux situé à la fin du bras créateur de l'île et le cours principal de la Vesdre...

Ci-dessous, deux cartes postales nous montrent, l'une le petit pont vu du même point de vue que sur le cliché d'Adèle, l'autre la vue prise de la Vesdre qui  montre en enfilade le portique et le pont. Enfin, puisque nous vivons désormais dans un monde différent, la photo contemporaine de droite est prise à l'endroit précis où devait se situer D'Hont au moment de "saisir" le regard de son épouse tourné vers la beauté...Sans doute le parking actuel est-il très utile mais....

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(huile sur panneau de 37,5cm sur 27,7cm  intitulée " Route du Bouny" copyright BAL-Musee des Beaux-Arts de Liège Aw 2631.

A quelques encablures su lieu-dit "Le Bouny", Edgard D'Hont a choisi de représenter un large chemin rustique abrité sous les ramures odorantes de fiers épicéas. Avec placidité, ces conifères annonçaient la lisière voisine du bois de "La Rochette".

Un cliché postal pris en 1939 et présenté ci-dessous, prouve l'exactitude du rendu de l'oeuvre exécutée quelques années plus tôt.

Peindre à l'aise au même endroit s'avèrerait très aléatoire aujourd'hui malgré la présence d'un rond-point. La voie terreuse et champêtre et ses sentinelles arborées ont, en effet, fait place à la rue de Romsée et ses nombreuses habitations...

Le chemin perdu a donc subi l'impact d'une modernité asservie à l'asphalte et à la circulation automobile...

Le tableau ci-dessus, à ranger au domaine des vestiges, semble dès lors bien seul à nous replonger dans la sérénité d'un passé à jamais disparu.

 

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