Un chaland à TROOZ

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D'aspect de prime abord assez "frustre", cette huile intitulée "Heure calme au Prayon", de 35cm sur 26cm, issue d'une collection privée vient pourtant apporter sa lueur à l'incontestable probité d'Edgard D'Hont. En bordure de la petite localité de Trooz, cernée à l'époque par de nombreuses usines, le paysagiste a exécuté une oeuvre où un bleu- rose sale s'est déversé sur la toile. En cet endroit, choisi à dessein par l'artiste, à proximité d'arbres décharnés, la poussière tenace teint l'espace ou l'obscurcit selon les points de vue.Sommes-nous en hiver....sans doute au vu du second tableau présenté dessous et clairement réalisé au printemps... Le sempiternel "manque de concessions" d'Edgard D'Hont, qui toujours refusera de modifier et plus encore d'embellir une réalité, pénalise lourdement le tableau mais éclaire la démarche analytique de son créateur.

Le paysagiste nous prouve ici son honnêteté foncière et son combat permanent en faveur de la protection d'une nature qu'il vénère. Sans intention pernicieuse de sa part ,il crédibilise par cette oeuvre criante de vérité ses autres toiles aux coloris somptueux. Fait-il ici preuve ou non d'impressionnisme? Chacun jugera.

Ci-contre, le lieu, de nos jours, à la salubrité d'air heureusement retrouvée.

On remarquera en fond de "document" l'arasement d'une colline dont la pierre est toujours exploitée..

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Ce tableau, toile sur carton, qui plaira sans doute beaucoup plus aux  habitants de Trooz que le précédent, nous offre une vision bien plus sereine et agréable des environs de Prayon. Il a été dénommé "Coin de Vesdre à Prayon. Printemps" par l'artiste. Il mesure 30cm sur 26. Il nous est proposé par Madame Bous. Il nous est apparu extrêmement compliqué de "situer" précisément le lieu choisi par l'artiste. c'est la raison pour laquelle nous avons fait appel à l'expertise d'un véritable spécialiste local, à savoir Monsieur Olivier BALTUS, animateur d'un site internet dédié entièrement à la jolie cité de Trooz. Ce dernier, que nous remercions chaleureusement, a tout d'abord tenu à nous signaler les nombreuses modifications qu'a subies la vallée de la Vesdre au cours du vingtième siècle. Cette réalité obscurcit encore nos recherches. Le tableau présente une confluence or, selon Monsieur Baltus, seuls trois ruisseaux rejoignent la Vesdre aux abords de Prayon. De ses déductions, la probabilité la plus vraisemblable semble être le confluent du SAINRY ( Saint Ry). Ce ruisseau, canalisé depuis des lustres, devait probablement rejoindre la Vesdre , début des années 1900, dans un environnement assez semblable au paysage d'Edgard D'Hont. Seule certitude, les nombreux aulnes faisaient et font encore partie des lieux....Ces arbres ne suffisent-ils pas à notre bonheur? Ils auraient, en tout cas, suffi à celui du peintre de Chênée. Puisque nous mettons nos pas dans les siens....Suivons-le sans nous poser de questions trop précises. Le beau n'est point lié forcément à la précision géographique digne d'un "gps" contemporain. Rappelons aussi,que de nos jours, le passé laborieux et rude de Trooz a largement disparu faisant place à une modernité ouverte aux beautés naturelles. La Vesdre s'y érige à nouveau en reine incontestée et coule doucement vers la Meuse qui l'attend. L'ancienne carte ci-dessous nous rappelle que Prayon fut aussi un endroit bucolique où sans le moindre doute, même il y a des décennies, il faisait (et fait encore!!) bon vivre....Quant à la photo de droite, proposée par Monsieur Baltus, elle nous montre un "ancien" coin de Prayon, d'autant plus en phase avec l'oeuvre de D'Hont qu'il se situe proche d'un bief en partie refermé.La maison au centre de la photo, fière de son nouveau toit qui cache en partie ses ruines, est l'une des plus anciennes du hameau...Nul doute qu'elle a dû voir notre artiste favori se promener dans ses environs... Espérons qu'un jour elle puisse retrouver toute sa grâce passée....