Un chaland en CAMPINE

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Parmi toutes les oeuvres d'Edgard D'Hont retrouvées à ce jour, le tableautin ci-dessus tendrement baptisé par l'artiste "SOIR EN CAMPINE" est sans nul doute l'un des plus aboutis et donc l'un des plus beaux.... Il peut apparaître assez singulier, alors que le Chénéen est viscéralement attaché à la Wallonie, de retrouver parmi les tableaux les plus sereins quelques paysages de Campine. L'ordre alphabétique de notre liste a d'ailleurs involontairement fait "passer" ladite Campine avant nombre d'autres localités de nos provinces francophones. Si les incriptions manuscrites  au revers des toiles nous assuraient des passages sans doute fréquents du paysagiste parmi les sables limbourgeois , nous devons ici remercier monsieur JULES CORTHOUTS,collaborateur éclairé du MUSEE VAN DOREN à Genk qui a mis au terme de trois longues années de recherche le doigt sur un des lieux préférés du maître de Chênée à savoir STAELEN, petite entité de la cité qui s'enrichit du musée qui l'emploie. Ce petit coin jadis assez sauvage abritait alors nombres de marécages et un petit hôtel charmant répondant au nom de "l'hôtel des Artistes"...Est-ce cet havre de paix qui accueillit le fougueux Edgard? Nul ne peut l'affirmer même si la probabilité au regard des habitudes du peintre apparaît diablement possible. L'artiste loin de chez lui,choisissait toujours un hôtel qui devenait ainsi une sorte de "quartier général"qu'il quittait dans toutes les directions, à pied ,à la recherche de paysages attractifs. On peut penser qu'il y abandonnait souvent sa femme durant ses journées d'errances... La découverte de monsieur Corthouts est un extrait du programme du SALON DE SPA 1904 dont vous trouvez la reproduction ci-dessous...

Voilà....."MARAIS à STAELEN" la preuve est indéniable. Nous ne résistons donc pas , ci-dessous, à vous présenter deux anciennes cartes postales qui nous présentent les lieux au tout début du XXème siècle...

Le remarquable tableau hivernal ci-dessus a trouvé preneur en Grande-Bretagne lors d'une vente publique....La froidure qu'il dégage ne se rachète que par la quiétude de ce logis endormi en attente de jours plus longs, plus clairs et plus chauds. S'agit-il, une fois de plus des marais ou d'un étang de Staelen? Le doute est possible...Edgard D'Hont ne nous aide pas en se bornant ,comme unique indication, d'y apposer une simple date de réalisation à savoir 1906. Cette oeuvre est donc postérieure à celle présentée ci-dessus. Si les lieux correspondent, une fréquence de séjours à Staelen se vérifie sans conteste mais est-ce le cas ? L'avenir peut-être nous le dévoilera....Une chose est certaine en ces années, le maître de Chênée est au faîte de son oeuvre et de son talent. Son succès en début de siècle frise l'évidence.

Petite supposition.   La vieille carte ci-contre pose une question , si bien sûr nous considérons comme très vraisemblable l'hypothèse d'une ou plusieurs toiles exécutées à STAELEN...L'énoncé de ce carton postal est intitulé "LA ferme de St(r)aelen" Il s'agirait donc inéluctablement de celle reproduite par l'artiste ci-dessus...Rêvons....à des coïncidences parfois tellement improbables...Qu'importe ce doute, la bâtisse campinoise de Staelen est assurément "jumelle" d'aspect avec celle du magnifique paysage hivernal.

Le tableau assez "synthétique" proposé ci-dessus, de taille moyenne, ne possède malheureusement aucune date à son verso. Le simple "UNE SOIREE EN CAMPINE" rédigé au crayon ne permet qu'une localisation très approximative. Nul doute qu'il correspond parfaitement à ces lieux magiques que la Campine belge nous offre encore de temps à autre à qui sait se promener.