Un chaland à MERY-HONY( ESNEUX)

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L'aquarelle ci-dessus, issue d'une collection privée puis proposée à la vente en la salle des "ventes-Elysée", nous propose la villa Crèvecoeur, si chère à Edgard D'Hont vue de la jolie île de  Méry, plus facilement découverte sur la vieille carte postale d'époque présentée à gauche de ce texte.

Si Adèle et Edgard D'Hont choisirent la commune de Chênée pour y faire bâtir leur somptueuse villa d'habitation, il paraît évident, à la vue de quelques rares photos encore peu courantes en ces années du début de vingtième siècle, qu'ils passèrent à Méry leurs plus grands instants de bonheur. Nul document retrouvé à ce jour n'atteste d'un achat de la maison Crèvecoeur, il semble donc beaucoup plus vraisemblable qu'ils choisirent de la louer...

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Séparés de quelques mètres de l'Ourthe et n'ayant à l'époque qu'un chemin de terre à traverser pour rejoindre la rive de la placide rivière, ils y installeront un lieu convivial d'accueil de tous les artistes liégeois dans une entité réputée, auprès des nantis de l'époque, comme un lieu d'excellence pour toute villégiature distractive ou séjour de repos.

Le riche couple D'Hont aux habitudes d'une bourgeoisie de type aristocratique, trahi par les photos qui nous le présente devant la porte de la maison, va choisir d'y pratiquer des activités paysannes et d'adopter ,pour ce faire, les costumes de parfaits fermiers...En souriant, on les traiterait peut-être de nos jours  de "bourgeois-bohème"  ou de membres d'un club prônant le "retour à la nature" ! Une telle attitude apparaît très conforme aux convictions profondes du paysagiste.

Avouons que, dans ce cas, le couple a fait preuve d'une modernité stupéfiante...La photo centrale ci-dessus , maladroitement développée, nous montre les jeunes mariés posant devant "leur" chaumière...On mettra ici en évidence le regard rempli de tendresse et d'admiration qu'adresse Adèle à son mari. A  Méry, Edgard D'Hont s'astreindra à perfectionner son approche de la peinture à l'huile...Nul doute que nombreux de ses essais seront détruits et que c'est enfin confiant en ses progrès qu'il "reviendra" ensuite dans le parcours des expositions et des ventes publiques.

Ci-dessous est présentée une autre aquarelle de la maison vue de loin ( 52 cm sur 36cm. collection privée ,vendue en la salle des ventes Elysée à Liège en janvier 2016). Ici encore le talent d'aquarelliste d'Edgard D'Hont saute aux yeux de tout observateur. Certains critiques marqueront toujours leur intérêt plus vif pour cette approche que pour les autres oeuvres à base d'huile. Le débat, en tout cas, mérite d'être mené.

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  1. Le village de Méry ne peut raisonnablement être séparé de son voisin d'HONY. Ces bourgades tranquilles serviront de base d'excursion à AUGUSTE DONNAY, suivi avec admiration et respect par Edgard D'Hont, conscient du génie de son ami. Donnay ne quittera pas son lieu d'attache et réalisera la quasi totalité de ses oeuvres dans les environs des villages de Méry et surtout d'Hony. C'est là qu'il développera sa théorie picturale  qui pose les bases du Symbolisme. Ci-dessous est présenté un tableau jamais présenté au public réalisé par Auguste Donnay et offert au Chénéen en signe d'amitié. Le paysagiste le gardera sous les yeux jusqu'au dernier jour de son existence.Plus tard, en tant que "secrétaire" des Artistes Liégeois, il trouvera maintes occasions d'aider l'artiste d'Hony à pouvoir exposer ses oeuvres au Cercle des Beaux-Arts de Liège. L'oeuvre ci-dessous, dépourvue de titre et issue d'une collection privée mesure 26 cm sur 18 cm. Ci-contre est présentée la stèle érigée en l'honneur de Donnay dans la commune qui lui servit de domicile pendant tant d'années. Au sommet d'un coteau, elle côtoyait à l'origine un vaste point de vue "ouvrant" sur la vallée. La végétation a depuis "bouché" la vue du promeneur courageux ayant atteint les lieux.
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La photo ci-contre nous présente le paysagiste de Chênée à l'entrée du bourg d'Hony. Le photographe tourne le dos au pont pardessus l'Ourthe. Assis au centre de la photo en position décontractée, Edgard D'Hont est accompagné à sa gauche d'un ami ou d'un parent qui n'a pu être reconnu. La famille à sa droite doit sans doute habiter les lieux et jouir du calme et de la sérénité de son coin de rue.

Les photos ci-dessous présentent à gauche le même lieu présenté sur une carte postale d'époque ,celle de droite nous propose les lieux de nos jours. Nombre de détails architecturaux des maisons sont restés inchangés...Même le calme légendaire reste omniprésent....

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La photo ci-contre nous présente un travail au fusain ( collection privée) d'une longueur d'à peine 12 centimètres...Aucune indication ne nous prouve le lieu exact choisi par Edgard D'Hont pour"saisir ce placide pêcheur à la ligne...

Pourtant une autre photo, très ancienne et peu performante, nous prouve le penchant "aquatique" du paysagiste lors de ses séjours à Méry. Il faut savoir que le canotage représente l'une des principales attractions "touristiques" de l'Ourthe à cet endroit. Nombre de Liégeois fortunés viennent en effet y passer leurs dimanches au fil de l'eau...

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Sur ledit cliché , ici à gauche, on distingue une dame, sous ombrelle...Sans doute s'agit-il d'Adèle ayant, pour l'occasion, revêtu une de ses plus belles robes...Dans la barque, de dos, on peut distinguer , certes avec effort et attention, un artiste en train de dessiner sur une assez large surface de bois ou de papier.

Il semble impossible de distinguer où se trouve Edgard D'Hont....

Le paysagiste se cache-t-il derrière la silhouette du dessinateur ou dans le personnage debout à la droite d'Adèle...Vraisemblablement a-t-il choisi la barque...Une chose demeure absolument certaine, le Chénéen figure sur la photo. Il a en effet annoté sa présence au dos du cliché. Le chien à l'avant-plan appartenait, lui aussi, au couple très attaché à ce type de compagnie et d'amour sans faille... Et s'il nous plaisait d'imaginer que le patient pêcheur du dessin au fusain est cet homme occupé à manoeuvrer ou à maintenir sa barque sur l'Ourthe?

Face à cette question, La Fontaine nous aurait murmuré: "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère!"

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Barque

L'huile ci-dessus, vendue en la maison des Ventes Elysée en février 2019, nous présente à l'évidence une....barque. Mesurant 32 sur 50 cm ,elle ne possède aucune annotation nous permettant de la situer tant en ce qui concerne son année de réalisation que sa situation. Au vu des particularités "nautiques" d'Hony, il nous apparaît fort vraisemblable que cette barque était amarrée dans le cher village de villégiature du couple D'Hont.  La disposition des collines et des prés semble donner raison à cette hypothèse renforcée par la photo intime du couple ci-dessus...Cette huile ne dépareille donc en rien, à notre avis,l'évocation de la bourgade d'Hony.(Que pensera-t-on de cette affirmation à Chênée où coule aussi l'Ourthe et où sévissait vers Sauheid un célèbre "passeur d'eau")

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Le tableau ci-dessus a reçu un titre à double entrée de la part de son créateur. Il se nomme à la fois "CANAL à MERY" et "TEMPS GRIS". Il nous est proposé par une internaute fidèle à notre site: Madame Bous, que nous remercions pour ses apports. Le tableau, assez pâle, mesure 30 cm sur 40. Il nous présente donc un petit coin du canal de Liège à Comblain, appelé aussi canal de l'Ourthe, initié par l'occupant hollandais avant 1830.La lecture du site "générationsrurales.be" vous permettra grâce au travail d'André BALTIA de prendre connaissance de tout l'historique de ce gigantesque travail qui connut nombre d'avatars.Nous nous bornerons donc à signaler  que la construction  du chemin de fer a imposé le déplacement d'une partie du canal entre Méry et Hony. Selon A. Baltia, le relief actuel porte encore les traces de cette ancienne section comblée. A Hony, les rues du Canal et Spineux et une partie de la route de Féchereux sont situées à l'endroit exact où se prélassait le canal. Ci-dessous deux cartes anciennes nous le présente.....néanmoins, il nous apparaît que les teintes si discrètes d'Edgard D'Hont nous démontrent tellement mieux la sérénité que ces eaux calmes devaient prodiguer....

 

Ce magnifique paysage intitulé par son auteur :"Coin de l'île à Méry" (45cm/35) nous prouve , s'il le fallait encore, à quel point Edgard D'Hont se sent inspiré lors de ses séjours dans la maison Crèvecoeur...Les coloris fraternisent dans une quiétude qui veut à tout prix honorer les merveilles d'une nature que nous oublions souvent d'admirer.L'artiste s'est installé au coeur du village et en bord de rive. Nous pouvons aisément nous imaginer son positionnement sur la carte postale d'époque présentée ci-dessous. Supposons que, bien à l'aise sur l'autre rive, nous l'observons imprégner sa toile de coups de pinceaux mesurés mais hardis. Dommage que la carte ait été réalisée en hiver, nous privant du feuillage si bien rendu par l'oeuvre. Ce tableau nous a été proposé , comme bien d'autres, par Madame Bous. Cette dernière nous a affirmé que ces paysages ont été la propriété de Guillaume Wintjens, cirier (fabriquant de cierges) et sacristain à Chênée. Ce dernier habitait au numéro 20 de la rue de l'Enseignement (aujourd'hui rue Cornet .....non, non, non... le réalisateur de ce site ne mérite pas l'honneur de voir une rue à son nom. Dans le cas présent il s'agit d'Hippolyte Cornet) . Notre sacristain était de plus le propriétaire du Théâtre de la Concorde, ce qui prouve s'il le fallait encore, son vif intérêt pour la "chose" culturelle.Il apparaît évident qu'Edgard D'Hont, très croyant, n'a pu ignorer ce Guillaume pour en faire peut-être un ami....Qu'importe... ce dernier fut incontestablement un admirateur zélé qui, indirectement, nous propose aujourd'hui les tableaux qu'il a tant appréciés....Grâce soit rendue aux familles animées d'un esprit conservateur. Elles nous restituent un passé que nous partageons désormais ensemble.

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L'huile ci-contre est signée Alphonse Mataive qui pour rappel, participa au mouvement "Les Cinq" et donc à la création du Cercle des Beaux-Arts de Liège. Le tableau, issu d'une collection privée, représente l'un des chiens du couple D'Hont qui en "adopta" plusieurs.Il fut réalisé  à l'abri des murs de la maison Crèvecoeur lors d'un séjour "partagé" par les deux compères et leurs familles

Ce chien aux larges oreilles dressées a dû particulièrement émouvoir ses maîtres car Edgard D'Hont choisit de faire appel à son ami Mataive pour le représenter. Ce dernier était reconnu par ses confrères pour posséder un talent de portraitiste hors du commun et certainement supérieur à celui de tous ses amis liégeois.

On ne peut que s'émouvoir d'une telle affection entre un couple sans enfant et cette petite vie asservie à ses maîtres....Grâce au talent d'un peintre disparu et très souvent oublié, son regard nous émeut toujours et nous réconfortera à jamais.

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L'aquarelle ci-dessus a pour titre "Les meules. Avionpuits" Cette oeuvre réalisée en 1919, qui prouve en passant la fidélité d'Edgard D'Hont ( même après la guerre!) à fréquenter les villages de Méry et Hony, mesure 26cm sur 30cm. Avionpuits est aujourd'hui encore un lieu-dit jadis enrichi d'un château. Ce travail est dédicacé :" à ma chère filleule Germaine...".Pour rappel celle dernière est l'une des deux filles du frère aîné d'Edgard à savoir Alfred, le célèbre hypnotiseur Donato.

Cette oeuvre, capturée à même l'écran d'internet a été mise en vente sur EBay en décembre 2015.

Ci-contre une photo de l'arrière de l'aquarelle portant la dédicace manuscrite d'un parrain à sa filleule et ci-dessous une photo de Germaine D'Hont dans toute la grâce de sa jeunesse

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